Dévaluation du FCFA, la BEAC réagit

Les experts restent catégoriques et fustigent la désinformation.

Cette « information » peine à retomber. Elle suscite questionnements et inquiétudes. Non sans faire peur à ceux qui s’intéressent à la question du Franc des colonies d’Afrique –l’appellation originelle- (FCFA). Sur une note, l’on peut lire « retrait EUR 100, taux de change EUR 1= 741.28984. Montant transaction XAF 74129 ». D’autres éléments sont contenus sur cette facture attribuée à BNP PARIBAS (Le Bourget).

Mais ce qui retient l’attention, c’est le montant de 741.28984, qui emmènent certains à croire qu’un Euro est désormais égal à 700 FCFA. « La modification de la parité d’une monnaie par rapport  à une autre (réévaluation ou dévaluation) est une décision administrative. On ne peut pas donc dire qu’il y a dévaluation du FCFA par rapport à l’Euro. En revanche, la situation  qui prévaut signifie que les autorités monétaires de nos pays sont incapables de défendre  la parité de leur monnaie par rapport à l’Euro tant et bien que si une telle situation perdure, elles seront bien obligées de suivre le marché et d’officialiser cette parité », explique Pierre Numkam, auditeur bancaire.

Le reçu à problème

Selon lui,  la question qu’il convient de se poser est celle de savoir si  la parité affichée actuellement est bien celle qui rétablira les équilibres économiques et monétaires actuellement rompus. « Je ne le pense pas, on a pas encore atteint le fond du gouffre. Tous ceux qui ont spéculé sur cette dévaluation vont encore attendre, convaincus que la parité d’équilibre sera encore plus lourde en défaveur du FCFA », se convainc Pierre Numkam, une figure emblématique camerounaise de la lutte contre la dévaluation du FCFA.  

le sujet est arrivé à la Banque des Etats de l’Afrique centrale. Qui a jugé utile et urgent de réagir. « De part mes fonctions, je ne peux laisser circuler l’information ci-dessus, sans réagir. Notamment celle selon laquelle une circulaire serait en préparation à la BEAC sur la nouvelle parité Euro/FCFA », écrit Dieudonné Evou Mekou, vice gouverneur de la BEAC. Qui poursuit. « Naturellement c’est une information infondée. Tout comme celle associée, qui semble elle aussi prospérer faisant état d’une dévaluation en catimini. Où a-t-on jamais vu cela? Nulle part. »

Et de rappeler la dernière dévaluation en 1994 qui avait été bien rendue publique de manière officielle à Dakar au Sénégal un 14 janvier. « Une information du public en cas de changement de parité est obligatoire, afin notamment d’éviter d’inutiles contentieux dans les milieux financiers. De grâce, évitons d’alarmer inutilement les citoyens », déclare Evou Mekou dans une note rendue publique.

Albright Fandono

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